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  • Commémoration de la victoire du 8 mai 1945
  • André YUSTE, entouré de Julie GOBERT, Conseillère Départementale, de Paul Miguel, Président de la Communauté d’agglomération Paris - Vallée de la Marne et de nombreux élus, a célébré la commémoration du 74ème anniversaire de la victoire du mai 1945.

  • Madame la conseillère départementale
    Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Vice-présidents et conseillers de la Communauté d’agglomération de Paris Vallée de la Marne,
    Mesdames, Messieurs les adjoints au Maire et conseillers municipaux,
    Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens combattants,
    Monsieur le Capitaine des Pompiers,
    Mesdames et Messieurs les représentants d’associations,
    Mesdames, Messieurs, les Directeurs d’Etablissement scolaires et enseignants,
    Mesdames et Messieurs les représentants des services publics, des administrations et des corps constitués,
    Mesdames et Messieurs les représentants de syndicats et de partis politiques,
    Mesdames, Messieurs,
    Chers amis,

    Nous sommes rassemblés aujourd’hui au pied de notre monument aux morts pour honorer les disparus de la Seconde Guerre Mondiale et célébrer la paix retrouvée de 1945. Merci d’être venus nombreux participer à cette commémoration indispensable au devoir de mémoire.

    En ce jour, dans chacune des communes de France, la Nation rend cet hommage solennel pour que jamais ne tombe dans l’oubli l’horreur de ces six ans mais aussi, et peut-être surtout, pour qu’une telle barbarie ne puisse jamais se reproduire.

    Les chiffres sont là pour nous en rappeler l’ampleur : 60 millions de morts, dont 45 millions de civils.

    Alors souvenons-nous et honorons ces femmes et ces hommes qui, en se battant pour reconquérir leurs libertés d’hier, ont préparé nos libertés d’aujourd’hui, souvenons-nous pour conserver ces libertés demain.

    Rien n’est jamais acquis.

    Les droits obtenus en France furent un long chemin de luttes, de combats et, dans le meilleur des cas, d’âpres négociations. Les acquis de l’Europe aussi.

    L’Union Européenne n’est certes pas encore l’idéal social et juste, auquel nous aspirons, mais rappelons que son histoire est jeune, son potentiel est vaste et sa création fut amorcée par des vies sacrifiées, comme un rempart face à l’horreur.

    Le devoir de mémoire, c’est promettre de ne jamais oublier que pour nos droits, pour nos libertés, pour cet espace de démocratie que nous foulons chaque jour comme s’il était un dû, 60 millions d’êtres humains ont péri.

    Dans le monde entier, chaque individu a vu sa vie transformée, bouleversée par ce conflit.

    Nous sommes ici pour nous souvenir des militaires tombés au combat, des martyrs de la Résistance, des civils qui périrent sous la barbarie nazie, des millions de Juifs qui furent déportés et froidement exterminés, tous victimes d’une idéologie de la haine de l’autre.

    C’est cet impérieux devoir de mémoire qui nous rassemble, et qui doit continuer d’être transmis aux jeunes générations, avec entêtement, avec pédagogie et humilité. Il faut que les plus jeunes s’approprient cette Histoire pour combattre à leur tour le rejet de l’autre afin de bâtir un monde plus juste et plus solidaire.

    Il y a quelques mois pour inaugurer le tout nouvel espace Simone Veil, nous avons eu la chance de visiter l’exposition des terminales L et ES du lycée Emily Brontë suite à leur voyage de mémoire en Pologne.

    De leurs visites aux camps d’Auschwitz et de Birkenau et au musée Schindler, ils ont créé une exposition et un film.

    Eloïse Ly Van Tu m’avait écrit pour m’exposer ce projet, c’est évidemment avec un grand enthousiasme que j’avais accueilli l’engagement de ce groupe dans une démarche atypique pour leur âge. Ce type d’initiative nous invite à un peu d’optimisme quant à l’avenir. Il faut bien le reconnaître, nous en avons cruellement besoin.

    Pour se souvenir de ce voyage et pour se souvenir de l’horreur des camps de concentration nazis pendant la seconde guerre mondiale, ils nous offraient à voir une magnifique illustration du devoir de mémoire.

    C’est un honneur pour le Maire que je suis de pouvoir accompagner de jeunes lognots dans cette démarche citoyenne. De jeunes talents aussi, car ceux qui ont pu admirer la qualité des photos de Lynda et du film de Thomas ne me contrediront pas.

    Mettre en lumière leur travail était l’occasion de valoriser une réalisation forte de sens et de valeurs.

    C’était aussi l’occasion de donner à voir ce qu’ils ont d’emblée considéré comme un acte de résistance face à l’intolérance.

    En effet, il ne faut rien craindre de plus que les replis identitaires, que l’élévation de certains groupes contre d’autres, que la désignation de boucs émissaires porteurs de tous les maux.

    Si la peur l’emporte sur la tolérance, elle deviendra haine petit à petit et emportera, tel un raz de marée, tout sur son passage.

    C’est en pointant du doigt les Juifs, les Tziganes, les homosexuels, mais aussi, les Roms, les handicapés, tous les untermensch, les « sous-hommes » que le Nazisme a semé la terreur et la mort en Europe pendant de si longues années. Un pays, en souffrance depuis la crise de 1929, avait élu démocratiquement Adolf Hitler.

    Rappelons-nous toujours qu’il n’est pas loin le temps où s’est répandue une idéologie meurtrière prônant l’extermination de la différence.

    Quel courage que celui de ces anonymes, femmes et hommes, qui ne se sont pas résignés.

    Ils ont trouvé la force de résister, de faire la guerre car ils croyaient en la Paix. Dans le contexte dramatique d’un pays occupé, d’un pays brisé, ils se sont battus.

    Nous nous sommes tous un jour demandé « et moi ? Qu’aurais-je fait en 1940, aurais-je risqué ma vie et celle de ma famille ? aurais-je eu le courage ? ». Et comme dit la chanson « aurais-je été meilleur ou pire que ces gens, si j’avais été allemand, (…) s’il fallait plus que des mots ».

    Je ne suis pas sûr que les mots suffisent aujourd’hui mais si nous voulons croire que nous serions entrés en résistance, il nous faut aussi aujourd’hui faire opposition aux montées des obscurantismes.

    Pour que nos enfants, nos petits-enfants sachent que ce fut nécessaire mais qu’ils n’aient pas à faire la guerre pour vivre en paix !

    Alors on ne peut lire simplement une page d’histoire le 8 mai et refermer le livre le 9 mai.

    L’histoire est tellement essentielle pour construire l’avenir, il est de notre responsabilité collective et personnelle de faire vivre cette mémoire chaque jour. Elle nous oblige.

    A trois semaines de l’échéance des prochaines élections européennes, je me permets de vous rappeler, à cette exigence citoyenne que constitue l’acte de vote.

    Nos prédécesseurs se sont battus pour construire cette mosaïque d’identités et d’histoires, et en faire un ensemble harmonieux et cohérent, de valeurs, d’ambitions et d’exigence morale qu’est l’Europe.

    C’est qu’en effet il est de notre devoir de montrer que cette entité n’est pas une coquille vide, ou un échelon politique de plus, en nous rendant aux urnes le 26 mai prochain ; parce que le Parlement européen est bien le lieu où se discute et se décide l’avenir collectif que nous construisons pas à pas depuis plusieurs décennies.

    L’Union Européenne est certes en manque d’efficacité sur bien des sujets sur lesquels elle est pourtant attendue. Qu’il s’agisse d’organiser l’accueil des migrants, du droit du travail, de l’équité fiscale, d’interdire les glyphosates et autres poisons.

    L’Europe ne peut se cantonner à être le haut de la pyramide de la hiérarchie des normes en matières de commerce international ou de fiscalité.

    C’est alors un cercle sans fin, pour être efficace, le Parlement européen doit être légitime, pour être légitime, il doit être représentatif et massivement élu.

    L’Europe devait être un nouveau modèle de développement harmonieux, à travers la construction d’une Europe plurielle et soudée.

    Je m’inquiète aujourd’hui de voir les fondements de ce magnifique projet aussi fortement ébranlés.
    C’est dans les moments de crise que nous devons plus que jamais faire appel à nos valeurs de partage et d’entraide, entre individus, mais aussi entre Nations. L’Europe peut avoir un visage plus humain, une empreinte plus sociale. Dans trois semaines, gardons l’espoir européen !

    Je vous livre une conviction profonde : seules la solidarité et l’action collective permettent de sortir des situations de crise.

    Qu’en aurait-il donc été de la France occupée si chacun avait tourné le dos à son voisin ?
    Qui serait courageusement entré en Résistance dans l’espoir alors fou de faire barrage au raz de marée nazi ?

    Le devoir de mémoire n’est pas seulement le devoir de souvenir. C’est aussi et surtout le devoir moral de faire mieux, celui de ne pas reproduire les mêmes erreurs, celui d’apprendre du passé pour travailler à un présent et un futur plus cléments. Apprendre, toujours apprendre, élever nos esprits pour nous prémunir des écueils de l’histoire à venir.

    Avec l’Education et le souvenir comme sésames, notre vœu à tous est de vivre en paix, unis.
    Notre combat consiste à édifier un monde libre et solidaire, chaque jour plus grand, plus fort, plus humain. Car si nous sommes ici ce matin, c’est pour que perdure l’Histoire comme une alarme, et que vive l’espoir d’une Humanité en route vers un monde plus fraternel.

    Vive Lognes
    Vive la République
    Vive la France

    Consultez le discours du 8 mai 2019

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